Notre intervention sur l’aile nord de la ferme commence par un constat : le volume existant, profond et largement contraint par les murs contre terre et les mitoyennetés, offre peu de possibilités évidentes pour y construire deux habitations. La lumière peine à traverser le bâtiment et les proportions rendent difficile une partition conventionnelle. Plutôt que de lutter contre ces contraintes, nous choisissons de les intégrer à la réflexion.
Nous développons alors le projet autour de deux volumes complémentaires. Au rez-de-chaussée, nous installons un socle en béton dédié aux espaces de nuit. Ce choix répond aux contraintes d’humidité et d’inondation du site tout en apportant une inertie thermique au bâtiment. Cette intervention s’inscrit volontairement dans le volume existant, comme une strate plus massive et protectrice.
À l’étage, nous introduisons une « boîte dans la boîte » en bois, accessible depuis la cour commune. Plutôt que d’occuper toute la largeur du bâtiment, ce volume se détache des murs existants. Ce retrait permet de révéler les maçonneries et de conserver la perception du grand volume de l’ancienne ferme.
Entre ces deux interventions, nous travaillons les espaces intermédiaires. Ces zones de transition permettent d’accompagner les usages et de créer une relation plus progressive entre les espaces intérieurs, la cour et le paysage environnant.
Le projet se construit ainsi autour de contrastes mesurés : entre masse et légèreté, plein et vide, protection et ouverture. La « boîte dans la boîte » devient moins une réponse formelle qu’un outil pour habiter un volume existant sans en effacer les aspérités. Nous cherchons ainsi à maintenir une continuité avec le bâti ancien tout en donnant aux deux logements leur propre manière d’occuper le lieu.







