Améliorer les performances thermiques du bâtiment sans altérer la lecture du lieu, telle a été notre intention dans l’accompagnement d’une ASBL dans son projet de rénovation thermique. Le bâtiment, une ancienne maison de maître reconvertie en centre de rééducation, possède une qualité architecturale indéniable, mais révèle aussi des fragilités : toitures fatiguées, châssis vieillissants, et des étages supérieurs marqués par des pertes thermiques importantes.

Nous engageons alors un dialogue attentif avec l’existant. L’élaboration des plans ne consiste pas à transformer, mais à ajuster, en cherchant un équilibre entre exigences énergétiques et respect des structures en place. Nous travaillons par strates successives, en évaluant chaque intervention à l’aune de son impact, en évitant toute surenchère. Cette posture implique aussi d’inscrire le projet dans les réalités du cadre public, avec ses procédures et ses temporalités spécifiques.


Très vite, les appels d’offres viennent reconfigurer notre approche. Le nombre limité de soumissions et les contraintes budgétaires nous amènent à resserrer le projet autour de gestes essentiels. Nous recentrons ainsi notre intervention sur les châssis et la couverture, non comme un renoncement, mais comme une manière de clarifier les priorités et de maintenir une cohérence d’ensemble.

Le chantier lui-même devient un espace de négociation permanente. Nous intervenons en site occupé, au contact d’un public sensible, en collaboration avec Yonck toiture et avec Isocele, une entreprise de travail adapté. Cette situation impose une attention particulière aux rythmes, aux usages et aux imprévus. Nous ajustons, nous écoutons, nous recalibrons.


À travers ce processus, nous cherchons moins à produire une transformation visible qu’à révéler un potentiel latent, en inscrivant chaque décision dans une continuité respectueuse du lieu et de ses usages.