En périphérie de l’agglomération liégeoise, le tissu des petites maisons ouvrières dessine un paysage modeste, entre campagne et influence industrielle de la vallée. C’est là qu’un jeune couple, à l’étroit dans sa maison, a choisi de réinvestir une ancienne habitation enclavée dans le volume de leur propre habitation et aujourd’hui en ruine. Cette intervention est aussi l’occasion de finir le travail de rénovation progressif de l’ensemble bâti dans lequel la maison est insérée.
Nous avons eu la chance de les accompagner dans leur projet pour trouver un équilibre entre ce qui subsiste de l’ancien et ce que nous y ajoutons, sans jamais chercher à reproduire ni à rompre brutalement avec l’existant.
Nous avançons par ajustements successifs, en confrontant nos intentions aux aspérités du lieu. Ainsi, contrairement aux parties conservées, la façade principale, trop dégradée, a dû être reprise en profondeur. Cette contrainte s’est transformée en opportunité : inscrire une lecture contemporaine sans déborder du gabarit existant.
La façade devient alors l’outil de cette mise en relation. Nous y dessinons deux bandeaux horizontaux qui ne se contentent pas de rythmer l’élévation : ils cadrent les vues vers le lointain tout en établissant une continuité visuelle avec les lignes des constructions voisines. Ces ouvertures créent une profondeur qui relie les différentes parties du bâti, sans hiérarchie ni rupture.
Quant aux matériaux, ils se sont choisis dans l’échange avec les maîtres d’ouvrage et le lieu. Nous avons confronté plusieurs pistes à travers des vues photoréalistes, puis directement sur site, en posant des échantillons pour éprouver leur rapport aux textures existantes. Cette démarche nous a conduits à retenir un bardage en zinc à joint debout irrégulier, dont le rythme vertical s’est imposé comme une réponse aux lignes horizontales des ouvertures que nous avions dessinées, tout en renouant avec l’élan des façades voisines.
Il n’y a ici ni geste spectaculaire ni recherche d’effet : seulement une écriture contemporaine qui tisse patiemment des liens entre les strates du lieu, dans un équilibre que nous n’avons cessé d’ajuster jusqu’à ce que le projet trouve sa propre cohérence.






